Depuis le début de l’épisode caniculaire, les établissements du Val-de-Marne, deuxième plateau de soins de France, affrontent cette épreuve dans des conditions indignes et dangereuses pour la sécurité de toutes et tous. Face à la canicule, les hôpitaux de proximité, les EHPAD, et les structures sociales et médico-sociales souffrent d’un abandon global de notre système de santé par les pouvoirs publics.
Pour les patients comme pour les agents, il n’existe aucun refuge. Les fermetures de lit ces dernières décennies rendent l’hôpital vulnérable aux engorgements. Les salles de pause sont en surchauffe totale, empêchant les agents de récupérer un seul instant, tandis que les bureaux administratifs se sont transformés en véritables fours. Travailler à flux tendu dans une telle atmosphère met en danger la santé même des professionnel.les. Quand l’État défaille, le quotidien relève du bricolage.
Tout cela témoigne de l’absence totale d’investissement structurel dans l’adaptation climatique des bâtiments. Seulement des mesures d’urgence dérisoires et tardives face à l’urgence des derniers jours. La journée de solidarité, mise en place après la canicule de 2003, devait pourtant financer la prévention de tels risques.
Cette situation n’est pas une fatalité météo, c’est un choix politique.
L’État laisse les hôpitaux s’endetter à chaque rénovation. La réalité est que l’état des finances des établissements ne permettra aucun aménagement structurel (isolation, climatisation globale, adaptation des bâtiments). C’est un choix grave d’agir au coup par coup, plutôt que d’anticiper les changements nécessaires : le choix cynique de l’austérité budgétaire !
Le déclenchement du plan ORSAN 3 met en lumière une contradiction que les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer : on ne peut pas demander aux hôpitaux de proximité de monter en puissance en temps de crise, tout en les laissant s’affaiblir structurellement le reste de l’année. La sécurité des soins et la dignité des patients ne peuvent plus reposer éternellement sur le sacrifice des hospitaliers. Le Parti communiste français dénonce la faillite des politiques publiques de santé et appelle la population à demander des comptes à ceux qui coupent les budgets nécessaires à la vie.
Il y a urgence à accélérer massivement les investissements pour l’isolation des bâtiments. Pour le climat, pour économiser l’énergie et pour sauver les milliers de vies menacées par les canicules. Nous demandons dès maintenant 12 milliards pour l’habitat privé (pour rénover 700 000 logements par an), 5 milliards pour les bâtiments publics et 3 milliards pour les logements sociaux. Cela passe par l’instauration de crédits à taux zéro pour financer des avances d’intérêt général.
Surtout, ce sont des moyens humains qui manquent à nos services publics. Le PCF propose de longue date de créer 100 000 emplois supplémentaires à l’hôpital public, en plus de se doter d’un service public du grand âge et de la vie autonome comptant 300 000 emplois supplémentaires en Ehpad, pour l’instant largement privés, et 100 000 aides à domicile supplémentaires. Seules de telles politiques d’ampleur, planifiées et financées, transformant en profondeur nos services publics, permettront à notre pays de s’adapter au dérèglement climatique.
