Valérie Pécresse poursuit la privatisation des transports publics. Les lignes de bus du Val-de-Marne en première ligne.


Le 1er août 2026, Valérie Pécresse franchira une nouvelle étape dans le démantèlement du service public des transports franciliens. Quarante-cinq lignes de bus quitteront définitivement la RATP pour être confiées à des sociétés de droit privé, dans le cadre de la mise en concurrence organisée par Île-de-France Mobilités.

Le Val-de-Marne est l’un des départements les plus durement touchés par cette nouvelle vague de privatisation avec le basculement vers des opérateurs de droit privé des lignes historiques de la RATP dont le TVM, 393, 25, 27, 47, 62, 83, 89, 91, 103, 104, 117, 125, 131, 132, 162, 172, 180, 181, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 192, 193, 208, 217, 281, 286, 308, 317, 323, 372, 380, 382 et 396.

Les dépôts RATP de Créteil, Thiais, Rungis, Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine changent d’exploitant et le groupe Keolis se renforce en Val-de-Marne avec la reprise de l’exploitation de 23 lignes RATP existantes et la confirmation de l’exploitation, pour 7 ans minimum, du tramway T9 déjà exploité par l’entreprise de droit privé, filiale de la SNCF et du fond de pension canadien La Caisse.

Sont notamment concernées les lignes de bus desservant les communes de Créteil, Vitry-sur-Seine, Ivry-sur-Seine, Choisy-le-Roi, Thiais, Orly, Villeneuve-Saint-Georges, Villeneuve-le-Roi, Orly, Rungis, L’Haÿ-les-Roses, Villejuif, Le Kremlin-Bicêtre, Alfortville, Maisons-Alfort, Saint-Maur-des-Fossés, Bonneuil-sur-Marne, Sucy-en-Brie, Limeil-Brévannes, Boissy-Saint-Léger, Valenton, Chevilly-Larue, Fresnes, Cachan, Arcueil et Paris. À terme, cette délégation de service public intégrera également le T Zen 5, entre Paris, Vitry-sur-Seine, Choisy-le-Roi et Orly.

Près de 2 000 salariés de la RATP seront transférés vers 2 nouvelles entreprises de droit privé : RATP CAP Pompadour et Keolis Grand Paris Seine Orly. Derrière le vocabulaire technocratique de la « concurrence », il s’agit bien d’une remise en cause du statut, des garanties collectives et des conditions de travail des agents. Pour rappel, ceux qui refusent leur transfert sont licenciés pour motif économique.

Cette politique est d’autant plus incompréhensible que l’expérience de la grande couronne est désormais connue. Depuis les premières privatisations engagées en 2021, les usagers constatent quotidiennement les conséquences de cette politique : suppressions de courses, pénurie de conducteurs, dégradation de la qualité de service, multiplication des réclamations et coûts supplémentaires pour les finances publiques. Les promesses d’un service « plus efficace » n’ont jamais été démontrées ; les faits montrent exactement l’inverse.

Pendant que les voyageurs subissent des transports dégradés et que les salariés perdent leurs droits, Île-de-France Mobilités engage plusieurs milliards d’euros pour racheter les biens nécessaires à ces nouveaux contrats privés. Les Franciliens paient deux fois : comme usagers et comme contribuables.

La fédération du PCF du Val-de-Marne refuse cette logique de marchandisation d’un bien commun essentiel. Elle participe depuis sa création à la dynamique du collectif Stop Galère initié par le groupe communiste de la Région Ile-de-France. Elle soutient les organisations syndicales opposées à ce processus libéral, imposé par dogmatisme contre l’intérêt général.

Le transport public n’est pas une marchandise. Le transfert progressif des lignes de bus et ferrées vers des entreprises de droit privé nourrit d’abord des grands groupes et leurs actionnaires. Pour rappel, Keolis est détenu à 30% par un fonds de pension canadien, Transdev est détenu à 66% par un groupe industriel allemand et Lacroix-Savac appartient intégralement à un fonds d’investissement luxembourgeois.

Le transport public constitue un droit fondamental, indispensable à l’accès à l’emploi, aux études, aux soins et aux loisirs. Il doit relever d’une véritable logique de service public et non de la recherche de rentabilité imposée par la concurrence.

Nous demandons :

  • l’arrêt immédiat du processus de privatisation des réseaux de bus franciliens ;
  • un moratoire sur toute nouvelle mise en concurrence ;
  • un bilan public, indépendant et contradictoire des délégations de service public déjà attribuées ;
  • l’ouverture d’un débat sur la création d’un opérateur public régional unique garantissant l’égalité de traitement des usagers, la qualité du service et les droits des salariés.

À l’heure où les impacts du dérèglement climatique frappent la planète et tout particulièrement les plus vulnérables, le démantèlement des transports publics franciliens nuit gravement au climat. Il prive notre pays de leviers puissants en faveur de la décarbonation des mobilités que sont les entreprises publiques. C’est un anachronisme néfaste qu’il conviendra de corriger à l’occasion des prochaines échéances électorales : les présidentielles de 2027, les élections régionales et départementales en 2028.